génèse fvvf
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FVVF, la génèse…

il m’est souvent arrivé lors de discussions ou d’interviews qu’on me demande ce qui m’avait poussé à créer FVVF.

J’avoue jusqu’à présent que j’ai évité de répondre frontalement à cette question. J’ai plutôt usé d’une réponse positive:
Je souhaite créer un environnement favorable pour mes filles qui ont 7 et 9 ans aujourd’hui.
Alors, oui, c’est vrai, c’est l’une des raisons. Mais ce n’est pas la seule.
Mon point de départ n’est pas aussi glorieux, pas aussi positif. Je ne m’étalerai pas sur les circonstances qui m’ont amené à créer FVVF. Mais au cours de ma vie, j’ai appris une chose:

Une femme qui a conscience de sa valeur ne reste pas dans une situation toxique ou une situation de violences.

– Une femme qui a conscience de ses compétences n’accepte pas de travailler en dehors de ses horaires contractuels sans être payée… le bénévolat ne paye pas la nounou qui garde vos enfants quand vous rentrez plus tard que prévu, le bénévolat n’est pas légal dans le cadre du travail en heure sup… il s’agit de travail dissimulé!
– Une femme qui a conscience de sa valeur ne reste pas sous l’emprise de son compagnon ou de sa famille, elle n’accepte pas de devoir demander la permission pour sortir de chez elle, de travailler ou de s’habiller comme elle le souhaite.
– Une femme qui est indépendante économiquement n’attends pas le bon vouloir de son compagnon pour le virer du domicile familial lorsqu’il est violent avec elle et leurs enfants. Et non, ce n’est pas à elle de partir avec ses enfants sous le bras… C’est au conjoint violent d’être éloigné. C’est que dit la loi!
– Une femme qui a confiance en elle n’hésite pas à demander une augmentation ou une promotion au lieu de regarder les hommes autour d’elle progresser dans les échelons de la société en restant à la traine (merci bien le plafond de verre et la bonne excuse de la maternité potentielle)…
– Une femme qui a conscience du sexisme ambiant ne laisse pas dire n’importe quoi autour d’elle. Elle sait par expérience que certaines blagues / commentaires / discours / films / chansons (mettez là ce qui vous conviendra selon les circonstances) sont plus douloureux.ses que drôle / intelligent /gentil/etc

Des exemples comme ça, je pourrais vous en citer des centaines. Je les ai vécu, entendu, vu, reçu en témoignages…

Une femme qui a conscience de sa valeur est une femme responsable de sa vie.

Je suis une survivante des violences faites aux femmes, a plusieurs niveau, dans plusieurs domaines. Il y a un peu plus d’un an maintenant, j’ai décidé de reprendre en main le cours de ma vie. Parce que je ne pouvais plus… Parce que j’ai deux filles… Parce que je ne veux pas qu’elles subissent ce que moi j’ai subi.
Je veux pouvoir les armer contre les mauvais coups que leur fera la vie, leurs ami.es, leurs boulots, leurs conjoint.es, la société…

Alors j’ai bien conscience que je ne changerai pas le monde. Mais en ne faisant rien, comment puis-je continuer à me regarder dans le miroir, comment puis-je continuer d’éduquer mes filles?

En ce 8 mars 2021, j’ai envie de croire qu’un jour, la Journée Internationale des droits des femmes ne sera plus qu’une commémoration de nos luttes passées.
Ne croyez pas que les inégalités sont loins, dans un autre pays… Non, les inégalités sont chez nous, à notre porte, dans notre société, dans notre pensée même. Nous sommes éduqué.es, sociabilisé.es de façon inégalitaire…
Alors, en attendant, je vais, comme le colobri, faire ma part… En espérant que d’autres le fasse aussi!

Cet article a été particulièrement compliqué pour moi à écrire. Pourtant, en ce jour du 8 mars, je le trouve légitime et nécessaire…

Auteur

femmesdevaleurvaleursdefemmes@gmail.com
Fondatrice de FVVF Coordinatrice du réseau Femmes des Territoires en Béarn des Gaves

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