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La non mixité de l’emploi : Seuls 17% des emplois en France sont mixtes

Lorsque j’ai étudié la situation de mon canton et l’emploi des femmes en milieu rural, le Béarn des gaves, sur l’observatoire des territoires (grâce à l’outil statistique SOFIE), un indicateur manquait pour moi de clarté : la non mixité de l’offre de d’emploi.
Chez nous, cet indicateur est fortement dégradé et participe donc à une forte inégalité Femmes / Hommes sur le territoire. EN effet, il constitue un gros frein à l’accès de l’emploi pour les femmes.

Mais jusqu’à présent, je ne m’étais pas attardée sur cet indicateur.
C’est au détour d’un rapport intitulé « Favoriser l’accès à l’emploi des femmes dans les territoires ruraux, outils et bonnes pratiques » émis par le Comissariat général à l’égalité des territoires en 2020 que je suis retombée sur cet indicateur.

Dès l’édito, on peut lire que pour faire progresser l’égalité professionnelle, il est nécessaire d’avancer dans la mixité pro alors qu’en France, seuls 17% des métiers sont mixtes!

17% des métiers sont mixtes en France !!!

Qu’est-ce que cela veut dire réellement?
Une profession est considérée comme mixte lorsque les hommes et les femmes représentent une part comprise entre 40% et 60% des effectifs.

Soit 4 à 6 femmes sur 10 employés.

En France, on constate que sur 87 familles professionnelles, seules 13 d’entres d’elles sont réellement mixtes.

La non mixité de l’emploi pose de réels problèmes !

Les femmes sont majoritaires dans certains secteurs comme les services à la personnes ou le soin. Il s’agit souvent d’emplois peu qualifiés et donc moins bien rémunérés.
Les femmes se tournent-elles par manque de diplômes vers ces métiers?
NON !
Les femmes sont majoritairement plus diplomées que les hommes en France : 49% des femmes de 25 à 34 ans sont diplômées de l’enseignement supérieur en France (38% des hommes).
Elles se tournent vers ces métiers par manque d’autres possibilités…

Les femmes sont aussi majoritaires dans certains secteurs plus qualifiés comme l’enseignement ou la santé. Mais plus les niveaux de qualifications augmentent, moins elles sont présentes. Les femmes représentent ainsi 84% des professeur.e.s des écoles et 87% des postes d’infirmier.e.s mais ne sont plus que 39% des professeur.e.s d’enseignements supérieur et 51% des médecins (cette tendance chez les médecins est très récente).
Certains secteurs quand à eux sont à la traine, mais dans l’autres sens : Dans le BTP par exemple, on compte seulement 12% de salariées.

Dans la TECH, un boom des besoins de recrutement entre 2012 et aujourd’hui a conduit à la mise en place d’un Plan de mixité dans les métiers du numériques depuis 2017.

Plus précaires, moins rémunérés, moins de possibilité de choix

Les métiers dits « féminins » maintiennent les femmes dans une situation effective d’inégalités et de précarisation. Pour rappel, Les femmes (rurales et citadines) constituent 70% des travailleur.euse.s pauvres exerçant un emploi procurant un revenu inférieur à 964 € mensuels.

Quelles solutions envisager ?

la première des choses à faire, et ce dès le plus jeune âge, c’est de casser les stéréotypes de genres et aider les jeunes à choisir des métiers en fonction de leurs apétences et nons en fonction de leurs genres.
Il ne faut pas non plus hésiter à mettre en valeur des modèles à contre courant !

Et en ruralité ?

Si cette problématique est compliquée à l’échelle de la nation, elle représente un véritable enjeu pour les territoires ruraux ou le taux de chômage des femmes est plus élevé de façon général que celui des hommes, notamment chez les moins de 26 ans.
Le caractère rural à un effet amplificateur sur cette problématique de la non mixité de l’emploi !

Pour aller plus loin, je vous conseille ce livre de Salomé Berlioux et Erkki Maillard :

Auteur

femmesdevaleurvaleursdefemmes@gmail.com
Fondatrice de FVVF Coordinatrice du réseau Femmes des Territoires en Béarn des Gaves

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